Et si au lieu de payer votre pain, votre bouquet de fleurs ou votre ticket de bus en euros, vous les payiez en maonnaies locales! Mais comment fonctionnent-elles? Pourquoi mettre en circulation d’autres monnaies à côté de l’euro? Et peuvent-elles lutter contre la pauvreté?

La petite publication, réalisée par "Vivre ensemble" en mars 2013, analyse sous de nombreux aspects, le phénomène de l'explosion des monnaies locales, en Belgique particulièrement.

Bien que certaines données factuelles ne soient plus d'actualités,  il nous a semblé intéreressant de reproduire quelques extraits de la publication qui, par ailleurs, est téléchargeable gratuitement sur https://vivre-ensemble.be/IMG/pdf/2013-03-monnaies_locales.pdf

 Extraits:

"Contrairement à ce que l’on croit souvent, une monnaie n’est pas un instrument d’échange neutre! Comment est-elle créée? Quelle est l’institution qui la gère? Faut-il qu’elle soit diffusée en quantité limitée? Peut-on l’accumuler? Y a-t-il un taux d’intérêt? Tout cela influence la nature des échanges, la période durant laquelle l’argent va être investi, les relations entres les gens qui l’utilisent et la relation à la monnaie elle-même."

"Mettre en circulation un outil complémentaire à l’euro, transparent et démocratique, fruit d’une gestion citoyenne et participative: c’est une motivation importante de la plupart des groupes de citoyens qui créent une monnaie locale."

"Les grandes monnaies officielles sont aujourd’hui au service d’une économie financiarisée, où une minorité accumule des richesses tandis qu’une majorité est appauvrie. Une économie où règne la spéculation, l’évasion fiscale... Ces monnaies ne sont plus que très peu au service de l’économie réelle. Aussi, les monnaies locales complémentaires peuvent-elles contribuer à corriger les effets pervers des monnaies officielles."

"Elles échappent largement au contrôle démocratique. Ces problèmes, liés l’économie d’aujourd’hui, sont structurels. Ainsi, pour les promoteurs d’une monnaie complémentaire, la régulation ne suffit pas parce que le système économique n’est structurellement pas durableet que l’exclusivité monétaire fragilise nos sociétés. Aussi, les monnaies locales complémentaires peuvent contribuer à corriger les effets pervers des monnaies officielles."

"La plupart des projets sont motivés par un désir de relocaliser l’économie, de favoriser les échanges de proximité, de valoriser les compétences oubliées par l’économie dominante et de préserver l’environnement. Il est donc clair que l’émergence de monnaies locales montre que l’organisation économique actuelle de nos sociétés ne correspond plus ni aux réalités socio-économiques locales, ni aux besoins et aspirations d’une partie significative de la population, ni aux défis sociaux, culturels et surtout environnementaux auxquels est confrontée l’humanité. En ce sens, les monnaies locales ont le mérite d’interpeller le monde politique et économiquesur la forme que devrait prendre une économie durable et stable capable de préserver l’environnement, à même de répondre aux besoins locaux et fondamentaux, et capable de nourrir et d’entretenir les tissus sociaux et culturels régionaux.Le lancement d’une monnaie locale interroge également toujours le lien entre démocratie et économie. À l’heure des grandes banques qu’il faut sauver, des déficits budgétaires, de la crise de l’euro, de la spéculation et de la domination des multinationales et des investisseurs étrangers qui n’ont que le profit pour objectif, la question de la réappropriation de l’économie et de la monnaie se pose légitimement."